jeudi 10 décembre 2009

Vision du jour (2)

Le même homme qu'hier.
Il a revêtu ses habits d'hiver, s'est extirpé de son appartement, a empoigné une pelle, et entrepris de pratiquer une ouverture dans l'espèce d'igloo qui s'est formé sur le corps de sa voiture. Peut-être a-t-il besoin de se véhiculer, l'histoire ne le dit pas; L'histoire étant ces quelques lignes émaciées qui vous sont offertes ici, vous l'aurez compris.
On lit aisément le désespoir sur ce visage, mais un désespoir qui n'existera pas dans le temps. Je suis en train de chercher dans le dictionnaire la définition du mot "éphémère" et ensuite celle du mot "furtif". Je veux bien saisir la distance entre ces deux significations, pour choisir.
Chaque pore de cette voiture, des bouches bées des caps de roues jusqu'aux ouvertures du radiateur, en passant par les jours pratiqués par le fabriquant entre chacune des composantes mécaniques, chaque fente, chaque espacement est calfeutré de neige. Une neige lourde, pleine d'assurance crasse: la neige d'un hiver qui s'installe et qui compte durer.
En soi, la scéance de pelletage est une sorte de voyage. Tandis que la poudrerie d'après-tempête se lève, l'on s'acharne sur ce même tas de neige sans visage, sans forme, constamment renouvelé, qui apprend à danser tandis que l'on meurt. L'aliénation change encore de face, pense-t-on. Et l'on s'enfonce dans la douleur des souvenirs blancs, de plus en plus bleutés, qui nous ramènent aux creux de l'enfance. Les choses enfouies, qu'on déterre avec acharnement, à la sueur de notre front.
La poudrerie se déchaîne, mais bientôt l'espace est suffisant pour que l'on s'enfuie. L'on relève la tête.

Y a-t-il des gens qui aimeraient changer de planète? semble se demander l'homme, mon voisin d'en face.
Il reprend son souffle un instant, fourre sa pelle dans le coffre de la voiture, ouvre la portière, la referme.
Il a disparu, et TOUT est bleu. Même lorsqu'on ferme les yeux.

mercredi 9 décembre 2009

Vision du jour (1)

Je suis debout dans le salon. Ma lampe à ampoule jaune, plastique isolant aux fenêtres; dehors la neige, relativement grossière, tombe en même temps que le jour. C'est presque le paradis je dirais, sans perdre de vue la perspective de la vieillesse, de l'épuisement et de la mort.
Bientôt ce sera l'an 2040, ou quelque chose du genre, qui viendra comme une claque en plein visage.
Et cette conscience me donne le goût d'aimer chaque seconde comme on fait tourner dans sa bouche un morceau de sucre pur, non raffiné, boisé, souillé d'une mélasse noire et luxueuse.
Dehors l'espace, et dans la maison en face, une fenêtre, un logis, un foyer: Une infime partie de l'intérieur de quelqu'un. Je vois l'allée, probablement une chambre, un lit à couette bleu-ciel, et par terre des équipements noirs, peut-être des outils. Et un anonyme écran d'ordinateur, diffuseur d'une lumière dérisoire et surtout pas intemporelle.
Une silhouette se profile. Un homme sans chandail. Il s'approche de la fenêtre, s'immobilise un instant. J'ignore s'il m'a vu, mais il défait le noeud du rideau et le rabat sur toute la fenêtre. Reste un éclat de lumière aux encoignures. De la rognure d'ongle il me semble. Même pas de quoi deviner un monde.
Des flocons de neige s'installent en bobsleigh pour une descente aux enfers, c.-à-d. l'aphalte.

dimanche 6 décembre 2009

Mon animal préféré

Ce gars m'énerve. D'abord parce qu'il est incapable de faire un bon espresso (ils sont soit trop courts ou trop longs), ensuite parce qu'il m'empêche trop souvent d'avoir affaire à la jolie bariste, celle pour qui je me lève le matin, enfile mes culottes, nourris un peu d'espoir à propos de l'avenir de l'humanité, avant de me traîner sur au moins un kilomètre de béton et d'asphalte.
Chez moi, au fond d'une armoire fleurant bon la moisissure, croupit une vieille cafetière italienne. Mais aucune infusion ne pourrait m'aider à négocier l'atterissage obligatoire, chaque jour, dans cette réalité, autant que le sourire lumineux de cette femme intense, professionnelle, qui ne connaîtra jamais mon nom peut-être. Je ne cherche pas à connaître le sien non plus; je veux juste croire en la présence d'anges bienfaiteurs sur la terre. On s'entend: des anges munis de seins, de hanches, de lèvres luisantes, d'une peau sucrée/salée délicieuse et odorante. On s'entend.
Il faut un prétexte, je dis, une excuse, pour justifier le port de la barbe. La seule qui me paraisse vraiment noble est la paresse: Une barbe doit être comme une forêt où toutes sortes d'animaux peuvent s'installer dans le but de promouvoir le développement de la vie sauvage. Mais chaque matin, en sirotant mon allongé (trop court) ou mon court (trop allongé), je suis forcé d'imaginer le temps qu'il met à soigner sa petite barbe shampouinée, aux contours si nets, avant de choisir son jeans pré-usé à cent quarante dollars, assorti d'un t-shirt "cool" genre Che Guevara (ou autre marque de commerce), enfilé sur son petit corps bien dessiné, vraiment très joli, impeccable et aussi déprimant que toutes les pelouses bien taillées des horribles bungalows neufs où l'humanité est en train d'agoniser au bout de son sang.

Ce matin, l'esprit encombré de rêves, comme à l'habitude, je réussis à porter mon corps (suivi de mon âme, dix pieds derrière) jusqu'au café. Je n'ai pas d'espoir, aujourd'hui: pas d'espoir précis. Mais les miracles, même s'ils tardent, finissent toujours par arriver: Elle est seule, derrière le comptoir, l'air disponible et ouverte. Le café est miraculeusement vide. Personne pour empêcher le divin plan de s'accomplir. Bonjour, me lance-t-elle, avec ses yeux d'éclats de soleil, et cette voix où se réfugie toute sa beauté. Mais l'émotion me rend muet. Je me contente d'acquiescer, tandis que le sang afflue à mes joues, mes tempes. Je m'asseois. Elle prépare mon espresso tranquillement, avec cette science parfaite de femme, cette nuque parfaite, ces épaules sublimes, parsemmées de picots roux, ces cheveux de feu, ramassés en chignon. T'es toute seule aujourd'hui? baragouinai-je. Elle se retourne vers moi, solonnellement.
-Je suis seule.
-Ton ami, celui avec la barbe... il est en congé?

Elle baisse les yeux, l'air grave, me tend la petite tasse pleine aux deux tiers de l'infusion noire, recouverte d'une fine couche de mousse brune, puis plante son regard intense dans le mien, comme pour l'enlacer. Il viendra plus jamais, dit-elle. Mon coeur bat très fort. Je crois rêver.
Il s'est fait écraser, ajoute-t-elle. Écraser?! Je me contente de la fixer, bouche bée, stupidement. L'ombre d'un sourire apparaît sur son visage. Elle comfirme: Oui, écraser. Par un troupeau d'éléphants.
Mes yeux s'écarquillent. Nous ne rions même pas. De toute façon tout est dit. Le reste n'a plus rien à voir avec les mots. Mais comment a-t-elle pu deviner que l'éléphant était mon animal préféré?

C'est le début de notre miraculeuse histoire d'amour qu'aucun poil, aucun mal, n'empêchera plus jamais de se réaliser. Grâce à la protection bienveillante de toute la vie sauvage et animale qui de toute façon, s'apprête à reconquérir le monde, piétinant sur son passage toutes les pelouses bien taillées de toutes les banlieues tristes, libérant partout toutes les histoires d'amour encore enfermées dans des cages...

vendredi 20 novembre 2009

3 dessins d'occasion







mercredi 28 octobre 2009


vendredi 23 octobre 2009

Au sujet de la pandémie

1- J’ai vu, cette semaine au parc, un petit garçon resplendissant de santé qui courait vers sa mère en criant : « MAMAN ! MAMAN ! J’AI ATTRAPÉ LA PANDÉMIE ! »
Le garçon, émerveillé, laissa échapper de ses mains entrouvertes… un misérable insecte à demi écrabouillé, qui voleta un moment avant d’aller choir un peu plus loin sur l’herbe. Sa mère, après une seconde d’hésitation, lui asséna une claque en plein visage. La dame avait éprouvé une peur tellement intense que ses lèvres étaient devenues bleues, ce qu’on lui fit remarquer. Une fois de retour à la maison, elle consulta le « Guide autosoins -grippe H1N1 » distribué dans tous les foyers du Québec par notre bienveillant gouvernement, qui mentionne que « des lèvres bleues » représente un des symptômes pouvant aider la population à différencier le terrible virus tant annoncé d’un simple rhume de saison. La dame considéra donc, pendant un instant, la possibilité de se rendre à l’hôpital afin de consulter un médecin de famille, tel que prescrit dans le guide, mais décida finalement de s’en abstenir. Tout rentra dans l’ordre.

2- J’ai repéré un individu suspect, cette semaine, à l’entrée d’un commerce, dont les lèvres étaient bleues. Il arborait des vêtements aux couleurs pétaradantes, des chaussures ainsi qu’une coiffure absolument fantaisistes, affichait un sourire extraordinaire (quoi qu’un peu figé) et distribuait des ballons multicolores à tous les enfants des alentours. Je pris cet individu à part et lui posai quelques questions pertinentes sur son état de santé (prélevées ça et là au fil de ma lecture du « Guide autosoins -grippe H1N1 » reçu cette semaine dans ma boîte aux lettres).
Il devait s’agir ici d’un clown muet, puisqu’il se contenta de me fixer sans répondre à aucune de mes questions. Son sourire avait fondu entretemps, mais ses lèvres étaient toujours aussi bleues: Un signe notoire de pandémie.

3- Si vous constatez quelconque anomalie à votre état de santé ou chez un être cher (par exemple des lèvres bleues), consultez immédiatement un médecin de famille. Si aucun médecin de famille n’est disponible à ce moment, n’hésitez pas à hurler pour réclamer des secours; Les médias ne sont jamais loin et toujours prêts à intervenir.
D’autres informations concernant la progression de la pandémie dans votre région suivront.

« Quand la lune n’est pas là, la nuit mène une existence obscure »


mardi 20 octobre 2009

Une voix qui veut t'offrir un cadeau

Non je n'ai pas connu la suicidée de son vivant. On m'a parlé d'elle.
Je trouve donc une photo sur le net, puis une deuxième. Je compare. Deux images d'une femme dans la jeune trentaine, dont la beauté profonde vient d'une intelligence rayonnante. Sur une des deux photos, elle semble fatiguée, une femme aux responsabilités déjà lourdes. Sur l'autre, elle a son coeur d'enfant. Sur aucune des deux elle ne paraît entière: toujours divisée, partagée entre joie et inquiétude, entre force et vulnérabilité, élan et retenue. Elle vibre.
Elle vibrait.

Je trouve aussi des chansons, qu'elle a écrites puis chantées. Et c'est à ce moment que je suis le plus touché, à l'écoute d'une de ces chansons, où la vivante cherche à consoler la suicidée, dirait-on, sans y parvenir. C'est à l'intérieur de cette chanson que je l'ai rencontrée vraiment. Elle est encore toute proche, à peine disparue, la belle... on pourrait presque encore lui tendre la main... Mais il y a des distances qui ne se franchissent pas, question de respect, entre autres.

Soit par oisiveté, ou sensiblerie, j'ai cédé à la tentation (morbide?) de composer le numéro de téléphone déniché au hasard de mes clics, celui de son travail, qui, comme je l'imaginais, me permettrait d'entendre sa voix sur le répondeur.
Une voix enjouée, à peine rauque, limite enfantine; Une voix de coeur, qui veut offrir un cadeau. J'aime particulièrement la fin du message: "Prenez bien soin de vous... et de tout!" dit-elle...

Je reste avec cette idée stupide, cette illusion, sans doute, qu'un sourire bien senti, ou que la chaleur d'une main sur ton épaule aurait suffit, au moment crucial, à te sauver. Au moment où t'as vraiment oublié de prendre soin de toi.
Comme je voudrais pouvoir aller te chercher quelque part, là où t'es rendue, au plus creux de ta noirceur profonde, et te ramener ici même, en pleine lumière d'après-midi.
Comme j'aimerais te connaître aujourd'hui, Marylène!

http://www.myspace.com/lesheureuxperdus

lundi 19 octobre 2009

Tôt ou tard?


mercredi 7 octobre 2009

Typologie des saisons

Il était une fois l’automne. Mais pas seulement l’automne ; une saison ne vient jamais seule. Entre les quatre murs d’une pièce sans aucune fenêtre, de fait, se tenaient quatre personnages.
L’automne, d’ordinaire peu sociable, se montra pourtant le seul (un tant soit peu) disposé à une forme de partage. Ne prenant surtout pas la peine de lever sa grosse tête ébouriffée, remplie de cailloux (faisant office de matière grise), laissant échapper un grognement sourd qui fila jusque dans le plancher de bois, il s’affairait à brasser des cartes (à jouer) depuis des siècles. Qu’il décide soudain, aujourd’hui, de les distribuer également en quatre paquets égaux sur la table devait (c’est du moins ce qu’on imaginait) constituer une invite. Une fois la distribution achevée, cependant, il parut sombrer dans un épisode cataleptique profond.
L’hiver était-elle aveugle ? Un regard à se point figé, malgré que le reste du corps soit animé de mouvements subtils, pouvait inquiéter. Les mains, dotées de longs doigts osseux, s’agrippaient aux bras de chaise en bois sec, avec une énergie qui pouvait rappeler le désespoir. Il fallait traverser les apparences pour commencer à saisir le personnage avec un peu plus de profondeur. C’est qu’un feu brûlait dans l’âtre, bien qu’invisible : Un cœur battait une petite chamade quasi silencieuse en l’hiver. Il fallait aiguiser les pointes de sa sensibilité la plus extrême, pour commencer à entendre l’hiver, à la voir vraiment. La dame paraissait très vieille mais ne mourrait jamais. Les trois autres le savaient. Elle seule était éternelle, après tout, et rien que ça (rien que ça ?!) imposait un respect infini. Un sentiment grandiose. Mais on aurait voulu qu’elle remue les lèvres un tout petit peu, ne serait-ce qu’une fois par siècle, et qu’elle prononce un tout petit mot. Cela seul aurait suffit à entraîner un culte, voire une religion, autour de sa personne. Mais elle se taisait, obstinément. Ob-sti-né-ment. Un filet d’air, infime mais glacial, filait de la mince, très mince ouverture de sa bouche : Une expiration éternelle, sans jamais d’inspiration. Les ampoules électriques s’amusaient à créer, grâce au balancement subtil du corps dans la berçante, des jeux de lumière aux verres de ses lunettes sans style, aux montures de glace.
Le printemps releva la tête, tenta de se débarbouiller l’humeur comme il pouvait, en se frottant les tempes. Cela réussit. Son regard s’alluma. On aurait dit que son visage changeait presque à chaque seconde. Il se leva brusquement et renversa une chaise avec grand fracas. L’automne s’ébranla, sans quitter complètement le sommeil. Ses gros doigts gourds échappèrent quelques cartes. L’hiver interrompit son balancement délicat l’espace d’une seconde ou deux, pas plus.
Puis l’été se trouva là. C'est-à-dire qu’elle y était déjà, bien entendu, depuis des myriades, mais tout à coup l’on sentit davantage sa présence. Il serait plus exact de le dire ainsi. Ce qu’elle pouvait être belle ! L’automne en était pâmé depuis longtemps, mais avait choisi de se terrer dans la mélancolie plutôt que de déclarer son amour. Un choix logique. Le printemps se consumait littéralement rien qu’à tourner son regard vers elle, ce qu’il évitait de faire le plus possible, dans un élan instinctif pour conserver son équilibre (perpétuellement précaire). Et l’hiver. L’hiver avait toujours détesté cette jeune beauté. Elle se confortait en la certitude qu’un jour, fût-il extrêmement lointain, elle connaîtrait la joie de la voir définitivement disparaître. L’été mourrait en premier, tous le savaient, et cela rajoutait en quelque sorte au caractère marginal de la belle qui ne trouvait, à tout compter, personne pour l’aimer comme il aurait fallu.

Ainsi l’ambiance de cet endroit, de cette pièce où étaient enfermés depuis toujours les quatre saisons, oscillait-elle entre une solitude farouche, partagée par la force des choses, et une sorte de communion secrète, silencieuse, dans la distance qui les séparait toujours, de toute façon.
Aucun d’eux, d’elles, ne savait ce qui pouvait bien exister en dehors des saisons.

Puis un jour advînt ce qu’aucun d’entre eux, d’entre elles, n’avait jamais imaginé : L’on cogna à la porte. Trois coups frappés de la manière la plus innocente. : Toc, toc et toc. L’hiver se figea. L’automne ouvrît les yeux de façon monstrueuse, au point où ses paupières disparurent complètement sous le pli de la peau. Le printemps faillit tout renverser (lui qui avait entreprit de faire un peu de ménage sur la table en prévision du repas du soir). L’été pâlit, recula jusqu’aux limites de la pièce, laissant derrière elle une traînée de ce parfum sublime qui suffisait à lui seul à briser des cœurs (n’est-ce pas ?). Toc, toc, toc encore. Il fallait bien que quelqu’un aille ouvrir. L’automne consulta le printemps du regard. Celui-ci grinça des dents en guise de seule réponse, et roula des yeux de faïence.

C’est ainsi que l’automne entreprît de soulever sa lourde carcasse et, parvenant à placer un pas devant l’autre (ce qu’il n’avait pas fait depuis des années !) se rendit jusqu’à la porte, l’immense porte de bois ouvragé, dont on avait oublié avec le temps qu’elle pourrait peut-être, un jour, servir à quelque chose d’autre qu’à donner du cachet à cet intérieur un peu austère, il est vrai. Qui pouvait frapper à cette porte, à ce point on ne peut plus quelconque de l’éternité ?
Que pouvait-il bien exister, hors des saisons ?
Nul ne le savait en cette pièce, c’est pourquoi tout le monde retînt son souffle au moment où l’automne (encouragé de manière subliminale par les trois autres), allant puiser dans ses dernières ressources de courage, entreprît de tourner cette poignée de porte un peu rouillée, qui laissa s’échapper un grincement inouï, presque de la musique.

Ici, je voudrais glisser un dernier mot, un tout dernier, pour dire que, croyez-le ou non, même l’hiver fût renversée par ce qu’elle vît. Et que l’été fît une grimace qui permit de mesurer à quel point même la grâce la plus fine ne tenait qu’à un seul fil…

vendredi 2 octobre 2009

Endors-toi et le ciel t'aidera!


Je crois avoir découvert quelque chose: La plupart des gens ne dorment jamais; ils font semblant, le temps que la nuit passe.

mercredi 30 septembre 2009

Tu es en train de m'anigancer!

lundi 21 septembre 2009

3 dessins d'ecstasy




dimanche 20 septembre 2009

Varia (1)

1- J'suis certain d'avoir aperçu un arc-en-ciel dans le bol de toilette.

2- À l'épicerie, j'hésitais à prendre une salade taboulé dont la date de péremption était le 11 septembre. J'aime la cuisine arabe, généralement, mais là... faudrait pas pousser quand même.

3- Je vais te retrouver à l'odeur, comme un chien. Je vais te retrouver je le sais, je le sens.

4- J'enlève l'étiquette de prix de ma lampe torchère. Cinq petits dollars, que j'ai payé. Usagé bien entendu. Je branche, la pièce s'illumine. Je pense: la lumière, ça n'a pas de prix. Une pensée qui ne m'éclaire nullement.

5- Tous les bruits de la terre: des plus petits cliquetis qu'on entend ou qu'on rêve le soir au moment de s'endormir, jusqu'au fracas épouvantable des bombes qui explosent les installations militaires du moyen-orient ou d'ailleurs, en passant par le vacarme ordinaire des caisses enregistreuses de tous les commerces du monde, de tous les beuglements d'hommes et d'animaux retransmis en simultané, de toutes les musiques des plus sublimes aux plus vulgaires, d'un bout à l'autre de la planète... TOUS ces bruits n'existent que pour signaler une quelconque défectuosité sous le capot de MA voiture, achetée usagée elle aussi. À un prix dérisoire elle aussi. Comme la lampe.

Je vous remercie de votre attention,
Carl

samedi 5 septembre 2009

Un lien durable


vendredi 4 septembre 2009

Septembre

Il y a ce vent à écorner les buses, qui s’est levé ces jours-ci, comme pour dire : allez ouste, allez vous-en. Ou alors restez… mais ça sera un peu rude.
Il y a ce petit chat qui sent l’automne approcher, et qui de plus en plus me réclame l’hospitalité. Aujourd’hui je l’ai laissé entrer un peu, puis je suis ressorti nous chercher de la bouffe à tous les deux. Moi des nouilles chinoises aux crevettes (il me restait un peu de cette petite sauce), lui une boîte de dîner pour chat (bœuf et foie). Après s’être bien régalé, le petit chat cherchait à me grimper dessus pour me faire plein de câlins, des bisous en rafale… C’est presque de la passion entre nous!

Il y a cette immense fatigue... Fatigue circonstancielle, saisonnière, fatigue du simple labeur. Fatigue plus profonde, celle des rêves qui filent entre les doigts comme du sable. Fatigue de tout ce qui meurt tout le temps.

Il y aussi… ces papillons qui volent dans mon ventre. Petite nervosité à l’idée de retourner dans le grand bordel de la ville. Appréhension et fébrilité mélangées. Refermer cette longue parenthèse des îles, sorte de rêve lancinant, fait d’amour inabouti, d’amitié éternelle, de présence guérissante, d’absence cruelle, de choses possibles et impossibles, réalisées ou irréalisées. Un ciel gigantesque. Un petit feu dehors, derrière les camions. Presque le feu de Vergèze par moments. Des visages, des figures. Des « faces croches », comme dirait Ysan. Des yeux mouillés, des yeux en feu. Des âmes pleines de violons, d’accordéons. Des ombres qui dansent.

Je regarde le bateau s’éloigner. Je prendrai le prochain.